
Un radiateur bain d'huile de 1 500 W consomme au maximum 1,5 kWh par heure, soit 0,30 € avec un kWh payé 0,20 €. C'est un plafond. Dès que la pièce atteint la température réglée, le thermostat coupe la résistance, et la consommation dépend alors de la pièce plus que de l'appareil.
Les montants qui suivent prennent un kWh à 0,20 €. Remplacez-le par le prix de votre contrat, indiqué sur votre facture d'électricité.
Deux choses fixent la consommation d'un bain d'huile : la façon dont il produit sa chaleur, et la puissance inscrite sur sa plaque.
Une résistance électrique plongée dans une huile minérale chauffe ce fluide caloporteur. L'huile transmet la chaleur aux éléments en acier, qui la diffusent dans la pièce par rayonnement et par convection. Elle circule en circuit fermé : elle ne se consomme pas et ne se remplace jamais.
Pour la facture, retenez une règle : 1 kWh d'électricité devient 1 kWh de chaleur.
Les modèles vendus se situent pour l'essentiel entre 1 000 et 2 500 W. Le repère courant est de 100 W par m² sous 2,50 m de plafond, un peu moins dans un logement bien isolé. De'Longhi annonce ainsi son Dragon 4 de 2 000 W pour 60 m³, soit 24 m².
La plupart des modèles offrent trois niveaux de puissance : ce même Dragon 4 propose 900, 1 100 et 2 000 W. Le sélecteur ne change rien au prix du kWh. Il règle la vitesse à laquelle la pièce se réchauffe.
Le calcul tient en deux multiplications ; le tableau les applique aux puissances courantes.
Consommation en kWh = puissance en kW × heures d'utilisation. Coût = consommation × prix du kWh. Un radiateur de 2 000 W, soit 2 kW, qui chauffe à fond pendant 3 heures consomme 6 kWh, donc 1,20 €.
Pour la consommation annuelle, multipliez par le nombre de jours d'utilisation. Retenez la puissance du niveau sélectionné, pas forcément le maximum inscrit sur la boîte.
Montants calculés à pleine puissance, sur un mois de 30 jours :
| Puissance | Consommation par heure | Coût par heure | Un mois à 4 h par jour |
|---|---|---|---|
| 1 000 W | 1 kWh | 0,20 € | 120 kWh, soit 24 € |
| 1 500 W | 1,5 kWh | 0,30 € | 180 kWh, soit 36 € |
| 2 000 W | 2 kWh | 0,40 € | 240 kWh, soit 48 € |
| 2 500 W | 2,5 kWh | 0,50 € | 300 kWh, soit 60 € |
Ces chiffres sont des maximums. Ils supposent une résistance allumée sans interruption, ce qui n'arrive que dans une pièce froide ou mal isolée.
La plupart des calculs publiés s'arrêtent à la multiplication précédente. Ils oublient le thermostat, qui décide du temps réel de chauffe et relativise le choix de la puissance.
Tant que la pièce est froide, la résistance fonctionne en continu. Une fois la température atteinte, le thermostat la coupe et la relance par intermittence, juste assez pour compenser les pertes de chaleur de la pièce.
Prenons une pièce de 15 m² moyennement isolée, à 19 °C quand il fait 5 °C dehors. Elle perd de l'ordre de 600 W. Une fois la pièce chaude, un radiateur de 2 000 W ne chauffe qu'environ 30 % du temps.
Sur une soirée de 8 heures, le calcul brut annonce 16 kWh, soit 3,20 €. La consommation réelle tourne plutôt autour de 5 à 6 kWh, montée en température comprise : 1 à 1,20 €.

Dans cette même pièce, un 1 500 W et un 2 500 W consomment à peu près autant une fois la température atteinte. Tous deux appellent environ 600 W en moyenne. Le plus puissant chauffe plus vite, puis s'arrête plus souvent.
L'écart se joue sur le thermostat. Celui d'un bain d'huile est presque toujours mécanique, gradué de 1 à 6 ou de « min » à « max », sans degrés. Il mesure la température près de l'appareil, pas au milieu de la pièce. Rien ne vous dit donc à quelle température vous chauffez vraiment. Or chaque degré au-dessus de 19 °C coûte environ 7 % de consommation, selon l'ADEME.
On présente souvent le bain d'huile comme économique grâce à son inertie. Le calcul dit autre chose, et la comparaison avec les autres chauffages aussi.
Le Dragon 4 de De'Longhi pèse 14 kg, acier et huile compris. Chauffée d'une cinquantaine de degrés au-dessus de la pièce, cette masse stocke de l'ordre de 0,15 kWh. Cet ordre de grandeur représente quatre à cinq minutes de chauffe à 2 000 W.
Elle explique pourquoi l'appareil reste tiède après l'arrêt et diffuse une chaleur douce et homogène. Elle ne peut pas stocker l'électricité des heures creuses pour la restituer le soir : elle se vide en quelques minutes. Et toute chaleur restituée a d'abord été payée.
Convecteur, soufflant, panneau rayonnant, radiateur à inertie fixe : tous transforment 1 kWh d'électricité en 1 kWh de chaleur. Ils se distinguent par le confort et surtout par la régulation. Un radiateur à inertie récent embarque un thermostat électronique, une programmation et souvent une détection de fenêtre ouverte. Ses économies viennent de cette régulation.
Seule la pompe à chaleur air-air change d'échelle : elle restitue 2 à 4 kWh de chaleur pour 1 kWh consommé, selon la température extérieure. Pour un usage ponctuel, le bain d'huile garde deux avantages : un prix d'achat bas, et aucune installation.
Le plus sûr reste de mesurer, et deux outils suffisent.
La prise wattmètre se glisse entre la prise murale et le radiateur. Les modèles à écran coûtent entre 10 et 25 € environ et supportent en général 3 680 W. Laissez-la 24 heures, relevez les kWh, puis divisez par le nombre d'heures d'allumage. Vous obtenez la puissance moyenne réellement appelée, parfois très inférieure à celle de l'étiquette.
Avec un compteur Linky, autorisez la courbe de charge dans votre espace client Enedis, à la rubrique de gestion de vos données. Votre consommation s'affiche alors par demi-heure, avec un jour de décalage. Comparez une soirée avec radiateur et une soirée sans, à usages comparables : l'écart est sa consommation.

Restent deux terrains : les réglages du quotidien, et les usages qui font grimper la facture.
Visez 19 °C dans une pièce de vie et 16 à 17 °C dans une chambre, les valeurs recommandées par l'ADEME. Avec un thermostat sans degrés, posez un thermomètre au milieu de la pièce. Repérez le cran qui maintient 19 °C, puis marquez-le.
Les commandes mécaniques ont un avantage : l'appareil repart seul quand le courant revient. Une prise programmable suffit donc pour lancer la chauffe une demi-heure avant d'occuper la pièce, et la couper à heure fixe.
Fermez la porte de la pièce chauffée. Placez le radiateur près de l'endroit où vous vous tenez, loin des rideaux, jamais derrière un meuble ni recouvert de linge à sécher.
Un modèle récent peut rester allumé la nuit s'il dispose d'un thermostat de sécurité et d'un dispositif anti-basculement. Réglez-le sur le cran repéré pour 16 à 17 °C. Branchez-le directement sur une prise murale, jamais sur une multiprise.
En chauffage principal, les montants grossissent vite. Prenez un 1 500 W allumé 8 heures par jour sur cinq mois de chauffe. S'il tourne la moitié du temps, il consomme environ 900 kWh. Cela fait 180 € pour une seule pièce. Sans programmation ni thermostat précis, il revient plus cher qu'un radiateur fixe bien régulé : il reste un chauffage d'appoint.