
Poser un bardage vertical change l'ossature, la ventilation et le point faible des lames. Depuis son édition d'août 2015, le NF DTU 41.2, la norme des revêtements extérieurs en bois, impose pour ce type d'installation un double tasseautage. Beaucoup de schémas en ligne l'ignorent encore.
L'eau s'écoule mieux, et la façade paraît plus haute.
Sur une lame verticale, la pluie descend dans le sens des fibres sans rebord où stagner. Les coulures marquent moins, et un bois qui sèche vite résiste mieux aux champignons. La claire-voie se pose d'ailleurs presque toujours debout.
Le revers : le bas de chaque lame expose son bois de bout, la coupe des fibres. Le bois boit l'eau par ses extrémités bien plus vite que par ses faces. La durée de vie d'un bardage vertical se joue donc à son pied.
Les lignes verticales étirent le regard : une maison de plain-pied paraît plus élancée, une extension cubique plus nette. Le style passe pour contemporain, mais granges et hangars agricoles sont bardés ainsi depuis longtemps.
Le sens des lames modifie surtout la structure cachée derrière elles.
| Critère | Pose verticale | Pose horizontale |
|---|---|---|
| Ossature | Tasseaux verticaux, puis horizontaux | Tasseaux verticaux seuls |
| Ventilation | Par le premier réseau, derrière les tasseaux horizontaux | Entre les tasseaux verticaux |
| Point faible | Pied des lames, jonctions en hauteur | Arête haute des lames |
| Tasseaux à 65 cm d'entraxe | Environ 3,2 m linéaires par m² | Environ 1,6 m linéaire par m² |
| Effet visuel | Élance | Élargit |
| Pose soi-même | Exigeante | Plus accessible |
L'essence règle la durabilité, le profil règle l'étanchéité.
Le Douglas, le mélèze, le red cedar et le châtaignier s'emploient sans traitement quand leur durabilité naturelle suffit. Le pin et l'épicéa passent par un traitement en autoclave.
Sur un bois non traité, l'aubier, la partie tendre à la périphérie du tronc, est interdit en classe d'emploi 3.2 et toléré en 3.1 sur la seule face cachée. Demander un bois « purgé d'aubier » règle la question.
Trois familles se posent debout : l'emboîtement rainure-languette, les planches à couvre-joints et la claire-voie. Un clin biseauté conçu pour l'horizontale ne se retourne pas : la fiche produit doit mentionner la pose verticale.
Sur une ossature bois ou une isolation extérieure, le DTU limite le vide entre deux lames de claire-voie à 10 mm, vu de face. Seul un mur maçonné enduit, sans isolant, admet un écart libre. Quel que soit l'écart, le pare-pluie visible entre les lames doit résister aux UV.

Le point le plus survolé, et le plus coûteux à rattraper.
Une lame verticale se cloue sur des tasseaux horizontaux. Posés directement contre le mur, ils découpent la lame d'air en compartiments fermés : l'air ne monte plus, et l'humidité reste piégée derrière le bois. La Fédération française du bâtiment l'a rappelé à la publication du DTU : un tasseautage horizontal simple, même décalé, ne ventile pas assez.
L'ordre compte. D'abord des tasseaux verticaux sur le pare-pluie, qui ouvrent des canaux d'air du bas vers le haut. Ensuite des tasseaux horizontaux fixés dessus, qui reçoivent les lames. Certains guides inversent les deux étapes : le dernier réseau finit parallèle aux lames, et plus rien ne peut s'y clouer.
Sur plusieurs étages, la ventilation se renforce ou la lame d'air se fractionne.
Trois détails décident ensuite de la longévité des lames.
La garde au sol est de 20 cm au minimum, mesurée depuis le sol fini, donc après la terrasse ou le gravier. Le pied de chaque lame est coupé en larmier, en biais vers l'extérieur : la goutte tombe au lieu de remonter dans les fibres. Sur un bois traité en autoclave, chaque coupe reçoit un produit de retraitement.
Sur une façade plus haute qu'une lame, la jonction horizontale est le second point faible. Trois solutions sont admises : un solin métallique, un débord des lames du dessus, ou un emboîtement languette vers le haut. En tête, un débord de toit, une couvertine ou un appui protège la sortie d'air en recouvrant le bardage d'au moins 30 mm.
Sur un emboîtement, la languette se place face au vent de pluie dominant.
Les lames se fixent par des pointes annelées ou torsadées, ou des vis, en inox, en A4 de préférence en bord de mer. Une fixation par appui jusqu'à 125 mm de largeur utile, deux au-delà. Le tasseau horizontal doit être au moins aussi épais que l'ancrage exigé.
La longueur se calcule : épaisseur de la lame plus 25 mm d'ancrage au moins, 30 mm pour une maison exposée à un vent fort. Une lame de 21 mm demande ainsi des pointes de 50 à 60 mm.

Un surcoût à chiffrer, une démarche en mairie.
Un réseau de tasseaux à 65 cm d'entraxe représente environ 1,6 mètre linéaire par m². Le double tasseautage en ajoute un second : pour 60 m² de façade, près de 100 mètres de tasseaux en plus, avec leurs fixations inox et le temps de pose. Les lames, elles, ne coûtent pas plus.
Ce second réseau épaissit aussi le mur. Les tableaux de fenêtres s'approfondissent, et appuis, couvertines et débord de toit doivent encore recouvrir le bardage de 30 mm. À mesurer avant de commander.
Sur une maison existante, un bardage change les matériaux de la façade : c'est une modification de l'aspect extérieur, soumise à déclaration préalable de travaux (article R*421-17 du code de l'urbanisme). Le plan local d'urbanisme peut imposer teintes et matériaux. Aux abords d'un monument historique, le dossier passe aussi par l'architecte des Bâtiments de France.